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Historique
Du modeste refuge de 16 places à « Madame est servie »
Huit décennies qui retracent l’histoire des cabanes de montagne

À l’heure où la nouvelle cabane va être inaugurée, il est bon de se pencher brièvement sur l’historique des hébergements qui se sont succédé à plus de 3200 m, au col de Tracuit, étape obligée pour l’ascension du Bishorn, le très convoité « 4000 des Dames ». Un exemple certes local, mais qui illustre à lui seul parfaitement la tendance constatée partout dans les Alpes. De simples abris en pierre ou en planches de mélèze, qui permettaient aux pionniers de l’alpinisme d’accomplir leurs exploits, aux refuges modernes qui offrent tout le confort attendu par les randonneurs et grimpeurs de ce début de XXIe siècle, c’est tout un pan de l’histoire de la montagne que l’on découvre en se penchant sur les 84 ans qui séparent l’ouverture du vénérable refuge Baumgartner jusqu’au splendide projet intitulé « Madame est servie » que l’on inaugure en cet été 2013.

Inauguré en 1929, le modeste refuge de Tracuit (ou Baumgartner du nom de son principal donateur) est la première cabane propriété de la toute jeune section Chaussy du CAS. Le succès ne se fait pas attendre puisqu’Edouard Vianin, le premier gardien, doit régulièrement faire des miracles pour loger et nourrir 30 à 40 visiteurs, les samedis soir surtout, dans cette minuscule cabane pourvue de... douze couchettes !

C’est en 1937 déjà que le comité prend la décision de procéder à un premier agrandissement. Les choses vont bon train puisqu’une année plus tard, la section Chaussy inaugure une cabane de 55 places, la capacité a donc presque quintuplé ! À noter que cette seconde cabane comprend un dortoir de 8 couchettes, fermé par un rideau, qui est réservé aux ... dames ! Comme la première construction, elle a été réalisée en moellons de roche, taillés sur place par des ouvriers spécialisés, afin de limiter au strict minimum le transport de matériaux depuis la vallée.

Des transports qui, jusqu’en 1958, s’effectuent à dos de mulet depuis Zinal ! On comprend donc que le ravitaillement de la cabane est alors limité au strict minimum. L’usage en vigueur à cette époque est que chaque visiteur monte sa propre nourriture. Seul le bois de feu pour la cuisine et un minimum de chauffage est transporté depuis Zinal par des mulets, sans oublier bien sûr quelques harasses de fendant ! Dès 1959, ce sont les premiers hélicoptères efficaces en haute montagne qui remplacent les sympathiques équidés. Quant à l’eau, faute de source, il faut la fondre sur place avec les moyens du bord. Plus tard, des conduites mobiles sont installées chaque année sur la langue du glacier afin d’alimenter directement la cabane en eau de fonte durant les trois mois d’été qui connaissent la plus forte affluence.

2 familles anniviardes pour 75 ans de gardiennage !
En 1966, après 35 ans de service, le premier gardien Edouard Vianin passe la main à André Melly, guide bien connu à Ayer. Et la famille Melly sera tout aussi fidèle à Tracuit et à la section Chaussy puisqu’elle restera aux commandes de la cabane durant...40 ans ! En effet, après André et son épouse, ce seront son fils Noël avec son épouse Nicole qui gardienneront Tracuit de 1981 à 2002, avant de passer à leur tour les rennes de la cabane à leur fils David de 2003 à 2007. Une fidélité exemplaire !

Victime de son succès
Au fil des années et avec la démocratisation de l’alpinisme, le succès de Tracuit ne se dément pas. Certains soirs d’été, Noël Melly et son épouse Nicole ont hébergé près de 200 hôtes, serrés comme des sardines, certains se reposant sur les marches d’escalier, d’autres au réfectoire. Après deux nouveaux agrandissements en 1968 (80 places), puis en 1980, Tracuit compte au maximum 140 couchettes, nombre qui est finalement ramené à 120 couchettes afin d’augmenter un minimum le confort des hôtes et du gardien.

Tracuit dans le « top-ten »
Grâce à l’attrait du « 4000 des Dames », la cabane de Tracuit reste constamment l’une des cabanes de haute montagne les plus fréquentées de Suisse. Au classement établi chaque année par le Club Alpin Suisse, elle se situe entre la 5ème et la 10ème position selon les années. Au total, ce sont entre 5’000 à 6’600 nuitées annuelles qui y sont enregistrées, en fonction des conditions météos et conjoncturelles.

Toutefois, la vénérable cabane de Tracuit, âgée de 84 ne répondait clairement plus au standard minimum attendu par les alpinistes et randonneurs de ce début de XXIème siècle : w.c. rudimentaires, situés à l’extérieur de la cabane et se déversant en pleine nature ; grands dortoirs bruyants ; un réfectoire d’à peine 60 places pour 120 couchettes, obligeant les gardiens à jongler avec deux services lors des journées d’affluence ; cuisine rudimentaire, etc. Par ailleurs, ces critères de confort ne sont, de loin, pas les seuls à avoir justifié la construction d’une nouvelle cabane. Les lois et règlements en vigueur ont eux aussi évolué. Il en est ainsi de la protection des eaux : déverser directement dans la nature les matières fécales de 6000 visiteurs annuels n’est plus admissible ; le système retenu pour la nouvelle cabane répond lui aux exigences les plus strictes pour l’assainissement des eaux en milieu alpin. Les fèces et l’urine sont séparées, la partie liquide est infiltrée en contrebas, dans les éboulis du glacier de Tourtemagne. Quant aux matières solides, elles sont séchées sur place, dans un local dépressurisé pour éviter toute odeur, et évacuées en plaine une à deux fois par an. Il en va de même des normes de sécurité qui doivent être respectées à la lettre, même en haute montagne. Enfin, les conditions de travail et de logement du gardien et de son équipe ont elles aussi évolué. La demi-pension s’est généralisée, des repas équilibrés et variés, contenant des produits frais, sont attendus par les hôtes. Confectionner 120 repas dans une cuisine équipée de 2 plaques à gaz et d’un potager à bois, sans machine à laver, tient du miracle quotidien ; sans parler des hôtes qui doivent évacuer le réfectoire sitôt leur dessert englouti pour laisser la place aux affamés attendant le second service !

Il était donc temps ! Et il ne fait aucun doute que dès cet été 2013 la splendide nouvelle cabane va se montrer prête, grâce à Anne-Lise et à son équipe, à relever tous ces défis et à accueillir de nouvelles cohortes d’alpinistes qui se lanceront à l’assaut du « 4000 des Dames » ou des autres sommets environnants, en appréciant à sa juste valeur le nouveau standard de confort qui leur est désormais proposé à Tracuit
Re-construction
Après 84 années de très bons et loyaux services, la vénérable cabane, agrandie et transformée à plusieurs reprises, a été remplacée en juin 2013 par la nouvelle et moderne cabane de Tracuit. Aboutissement d’un long processus engagé en 2006, la construction de celle-ci a débuté en juin 2012.

La nouvelle cabane dispose de : 116 couchettes avec
1 dortoir de 24 places
6 dortoirs de 12 places
5 dortoirs de 4 places

auxquels s’ajoutent les espaces réservés au personnel du gardiennage. Le lumineux et vaste réfectoire fait face à la couronne impériale des Alpes valaisannes. Bien équipée et dotée des technologies les plus actuelles, la nouvelle cabane de Tracuit offre à ses hôtes confort et sécurité tout en respectant l’environnement.
Avec de tels atouts, la nouvelle cabane de Tracuit ne peut qu’accroître l’intérêt des amoureux de la montagne, plus particulièrement dans les Vals d’Anniviers et de Turtmann.